Agélastes
«L’ Ironie est avant tout une forme humoristique qui consiste à dire l’inverse de ce que l’on pense, tout en rendant évident que ce que l’on dit est en désaccord avec ce que l’on pense.»
et qu’il est préférable de ne pas utiliser avec les imbéciles. Socrate pourrait vous en dire quelque chose…
Gentils Lecteurs, Gentle Readers,
J’ai souvent constaté qu’un des moyen les plus sûr pour débusquer un sot est de faire une plaisanterie très simple à celui dont on soupçonne l’insondable bêtise. Le bêta n’est pas celui qui n’en rit pas, une plaisanterie peut bien tomber à plat, non: le bêta est celui qui ne comprend que c’est une plaisanterie. Je crois même qu’il y aurait un rapport étroit entre le rire et l’intelligence: l’un comme l’autre suppose une distanciation par rapport à l’objet et par rapport à soi, le premier pour dédramatiser, le second pour comprendre. La peur envolée fait place à la possibilité de savoir.
« Il faut l’avouer, certains de ces êtres n’offrent pas un aspect bien esthétique: mais la connaissance du Plan de la Nature en eux réserve, à ceux qui savent voir le pourquoi des choses et qui aiment vraiment connaître, des plaisirs inexprimables. Il ne faut donc pas céder à une répugnance puérile et nous détourner de l’étude du moindre de ces animaux: en toutes les parties de la Nature, il y a à admirer. » disait déjà l’auteur du Deuxième Livre (perdu) de la Poétique .
« Jorge, disait Guillaume de Baskerville , avait peur du deuxième livre d’Aristote car celui-ci enseignait peut-être vraiment à déformer la face de toute vérité, afin que nous ne devenions pas les esclaves de nos fantasmes. » L’érudition souriante d’Umberto Eco dans le Le Nom de la Rose et toutes son oeuvre n’est-elle pas significative? N’est-ce pas à des années-lumières de la gravissime et lourdingue bêtise des ignares et des incultes?
Notons cependant que les variétés de rire et l’humour lui-même est diversifié au point qu’on pourrait même voir dans ses variétés l’indice d’une différence plus profonde entre les individus et les groupes. Ai-je besoin d’ élaborer sur les différences entre l’humour gras qui porte principalement sur les fonction alimentaires, excrémentielles, sexuelles et agressives, et ces variétés d’humour telles que l’humour noir, l’humour absurde, l’humour du pince-sans-rire et l’autodérision ?
Je ne parles pas non plus de cet “humour” dont le rire obligatoire signale l’appartenance à telle ou telle tribu, confrérie, troupeau ou foule à la recherche d’un bouc émissaire (l’incapacité de se défendre étant un prérequis pour le candidat.)
Nous parlons ici d’ “esprit” ou de “wit” et de ses variétés auxquelles la rhétorique donne les moyens: ironie mais aussi l’antiphrase, l’hyperbole, le pastiche, qui supposent une maîtrise du langage. qui présupposent une certaine intelligence. Le sens de l’humour saisit le sel du propos sans besoin d’explication. D’ailleur expliquer une plaisanterie n’est-ce pas le comble?
Non seulement les imbéciles ne saisissent pas que c’est une plaisanterie; ils se montrent aussi incapables de suivre une explication dépassant deux phrases: pas de syllogismes ici! Au-delà vous les perdez complètement risquant ainsi de passer à leurs yeux, et à votre tour, pour un imbécile ou pire encore, comme quelqu’un de très insolent. Le quiproquo débouchant chez les plus agressifs d’entre-eux sur un bon coup de poing sur la gueule.
Mais ce ne sont pas de coup de poing sur la gueule dont nous parlerons mais de la censure des agélastes.
« François Rabelais a inventé beaucoup de néologismes qui sont ensuite entrés dans la langue française et dans d’autres langues, mais un de ces mots a été oublié et on peut le regretter. C’est le mot agélaste; il est repris du grec et il veut dire: celui qui ne rit pas, qui n’a pas le sens de l’humour. Rabelais détestait les agélastes. Il en avait peur, Il se plaignait que les agélastes fussent si “atroces contre lui” qu’il avait failli cesser d’écrire, et pour toujour.»
Milan Kundera, L’Art du Roman, septième partie, Le Discours de Jérusalem: Le Roman et l’Europe.
Et l’auteur de La Plaisanterie précisait ceci dans une entrevue au Monde Diplomatique: Le Théâtre de la Mémoire:
« L’« affectation de gravité » s’exhibe partout autour de lui, mais le pasteur Yorick n’y voit qu’une friponnerie, « un manteau qui dissimule l’ignorance ou la bêtise ». Autant qu’il peut, il la pourchasse par des commentaires « de drôlerie et d’humour ». Cette « imprudente façon de plaisanter » s’avère dangereuse ; « chaque dizaine de bons mots lui vaut une centaine d’ennemis », si bien qu’un jour, n’ayant plus la force de résister à la vengeance des agélastes, il « jette son épée » et finit par mourir, « le coeur brisé ». C’est ainsi que Laurence Sterne présente le personnage de son roman Tristram Shandy. Oui, il parle des agélastes. C’est le néologisme que Rabelais a créé à partir du grec pour désigner ceux qui ne savent pas rire. Rabelais avait horreur des agélastes, à cause desquels, selon ses mots, il a failli « ne plus écrire un iota ». L’histoire de Yorick est le geste de salutation que Sterne envoie à son maître à travers deux siècles.
Il y a des gens dont j’admire l’intelligence, estime l’honnêteté, mais avec lesquels je me sens mal à l’aise : je censure mes propos pour ne pas être mal compris, pour ne pas paraître cynique, pour ne pas les blesser par un mot trop léger. Ils ne vivent pas en paix avec le comique. Je ne le leur reproche pas : leur agélastie est profondément enfouie en eux et ils n’y peuvent rien. Mais moi non plus je n’y peux rien et, sans les détester, je les évite de loin. Je ne veux pas finir comme le pasteur Yorick.»
Et les agélastes ne sont-ils les plus éminents représentants de la bêtise fustigée et ridiculisée par Gustave Flaubert dans son oeuvre toute entière et dont Dictionnaire des Idées Reçues, inachévé car inachevable, colligeant les mots et phrases stupides pour qu’ils craignent de désormais les prononcer, s’étouffant avec?
Les actualités d’aujourd’hui nous apprennent donc ceci:
L’humoriste Anthony Kavanagh FORCÉ de s’excuser
« L’animateur d’origine montréalaise présentait un concours pour gagner un voyage en Égypte. Il a suggéré en plaisantant de partir pour le Liban-Sud, qu’il a qualifié de « très sympa ».
Il a ensuite rapidement exprimé ses regrets, mais des téléspectateurs et des internautes furieux ont exigé son départ de France 2 et son renvoi au Canada. »
nous apprend Radio-Canada et tous les autres perroquets de l’Information à deux sous:
Pour ma part la seule chose que je déplore est qu’Anthony Kavanagh se soit excusé au lieu d’envoyer paître le troupeau de TARTUFFES en pamoison. Car c’est bien de cela dont il s’agit: la TARTUFFERIE grasse, gluante et très bête connue de nos jours comme le Politically Correct.
FORCÉ: tel est le mot à retenir car il signale la puissance accrue des imbéciles.
Et puis… Sont-ils si imbéciles que cela? après tout n’ont-ils pas RAISON ??? Huuum… ?
Regardez bien ce type:
d’abord ce Canadien avec un accent de paysan du Moyen Âge n’est manifestement pas un vrai noir!
La peau de noir est un déguisement utilisé couramment par les agents stipendiés de l’Impérialisme Canadien et les les sionistes -qui -s’infiltrent -partout pour tromper le bon peuple de France comme tout le monde le sait.
Et si c’en est un alors c’est un cannibale qui bouffe des petits libanais en sauce !
Ses déclarations en sont indubitablement la preuve! Il n’y a rien de drôle là-dedans!
Aux chiottes et au bûcher s’il le faut! Aux armes citoy-chiens!
Retournez-moi ça en Amerdique! Et ses excuses sont-elles sincères? Bien sûr que non: elles sont la preuve de sa sournoiserie !!!
En voulez-vous encore?
Ai-je besoin d’expliquer? Chose certaine, je ne m’en excuserai pas.
Je reste toujours fidèle à la devise gullivérienne:
«My Principal Design Was To Inform, Not To Amuse Thee.» Lemuel Gulliver, The Travels (IV:12)
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