Propos et Commentaires du Climenole

Radio-Canada: nouvelle plateforme, vieilles platitudes

ET si on faisait comme si de rien n’était ? En baissant pudiquement les paupières, en détournant son regard, en gardant le silence ou mieux encore en parlant de tout autre chose ? On pourrait glisser doucement sur la chose et détourner la conversation, n’est-ce pas ? ;-)

L’écart entre les prétentions et les actes se comble par des fariboles.

Vendredi dernier, le site des nouvelles de la Société Radio-Canada annonçait une nouvelle plateforme qui, selon la prose un peu guindée de la Tour Vapona, est un grand jour pour l’équipe des nouveaux médias (46 personnes).

Radio-Canada avait déjà donné des signes d’ouverture aux nouveaux médias en diffusant la radio de la Première Chaîne (de Montréal) et l’Espace Musique en format ouvert Ogg Vorbis.

Radio-Canada avait aussi pris l’initiative de publier en format RSS et de diffuser certaines des ses émissions radios en Podcasting, sans doute à la demande d’utilisateurs avancés et anonymes qui l’avaient proposés à la SRC… ;-)

La Société Radio-Canada est sans doute l’une des plus importante institutions publiques du Canada Français et il ne fait aucun doute qu’elle compte parmi son personnel des gens d’une extrême compétence et dévoués à la mission éducative de la société d’État…

Mais Radio-Canada est aussi, malheureusement et peut-être inévitablement, une machine lourdingue et pas mal compassée. Il semble que le maintient du “standing” de la SRC ne soit possible qu’avec une bonne dose d’hypocrisie bien léchée qui en supprime toutes les aspérités.

C’est ce que l’on nomme en anglais le CANT, une hypocrise avec ceci de particulier qu’elle ne repose nullement sur le cynisme de l’hypocrite mais sur la croyance sincère que l’affirmation d’une vertu, ma foi, est bien équivalente à la posséder, que l’affirmer est suffisant pour la faire exister et qu’il est mal, très mal poli et “very shocking” de la confronter à la réalité.

Sa Majesté la Reine Victoria se serait sentie bien aise de séjourner à la Tour Vapona.

L’Équipe des nouveaux média de la Société Radio-Canada a conçue, développée et publiée une nouvelle plateforme audio-vidéo utilisant la “technologie” microsoftienne des ActiveX avec une telle insouciance qu’il faudrait se demander s’il s’agit d’un effet pervers d’un travail en vase-clos, l’influence d’esprits bornés ou pire encore…

Nous nous attendions naïvement, je le reconnais, à ce que les plus informés des technologie de l’information soit justement le personnel et la direction d’une société d’État qui tient la prose et la poseInformation avec un grand I “.

Je sais,  j’aurais dû savoir: les cordonniers sont les plus mal chaussés et la Société Radio-Canada au lieu d’emboîter le pas aux nouvelles technologies, c’est-à-dire les technologie ouvertes, a trouvé très chic et confortable de chausser les godasses cheap et microsoftienne des technologies fermées: celle des ActiveX de Billou et du gros Balmer.

Mauvaise conception dès le départ, aucun “brain storming” préalable, aucune objections soulevées (balayées du revers de la main ?), aucun test préalable à la mise en production et finalement le FLOP, car ce n’est pas autre chose que cela, suivi d’explications absconses, un services technique complètement dans le champ: prendre le navigateur Opera pour Firefox et proposer une extension pour y fourrer un ActiveX, l’expression n’est pas encore assez vulgaire, il faut le faire. Le silence pudibond fera le reste.

CONNARDS