Ubuntu: capture d’écran et presse-papier, deux irritants
Le «cyber chez-soi» et l’ergonomie
À côté des applications majeures disponibles sous les différentes plateformes, une variété d’utilitaires facilitent les tâches quotidiennes des internautes pour des fonctions apparemment mineures. Certes, les besoins sont variables et chaque utilisateur adapte son «cyber chez-soi» avec les outils à sa disposition et accompli quand même ses tâches d’une façon ou d’une autre.
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La gestion du Presse-papier, cette zone de mémoire conservant les sélections des copies de texte, URI, images… ainsi que les captures d’écrans et le traitement de ces images sont sans doute les fonctions de base qui ajoutent à l’ergonomie du «cyber chez-soi».
L’utilisation du Presse-papier évite les tâches répétitives, la perte de notes, et permet de retrouver dans certains cas un historique des récentes sélections: rien de plus simple alors de recopier une formule, une citation ou de retrouver un URI pour ne donner que ces exemples.
Les captures d’écran de leur côté sont souvent utiles à des utilisateurs demandant ou offrant de l’aide sur des forums; une capture d’un écran ou d’une portion de celui-ci facilite la compréhension et s’il est douteux qu’une image vaille mille mots, elle nous épargne souvent bien des malentendus. Dans le cas particulier de rédaction de documents techniques en informatique, la capture d’écran est un outil indispensable.
Linux: des «À peu près équivalents» ?
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Pour ceux qui se contentent de peu on peut trouver des équivalents des applications Linux sous Windows… et l’inverse est aussi vrai.
S’il est utile de dresser des listes comparatives d’applications Linux / Windows, c’est précisément sur les fonctionnalités et l’ergonomie des ces applications sur lesquelles nous allons insister. Ce qu’elles font et comment elles le font.
Pas question ici de nous contenter des énumérations à dormir debout des «presqu’ équivalents» ni non plus de tomber dans la complaisance et de servir le prêchi-prêcha habituel sur les logiciels libres, Open Source ou la belle communauté de bénévoles versus les logiciels “propriétaires”…
Nous parlons ici d’OPEN USE © Claude LaFrenière et de rien d’autre, c’est-à-dire, l’accès effectif des utilisateurs aux moyens leurs permettant d’atteindre leurs objectifs: que le code soit ouvert ou que le format des données le soit tout autant est un bonne chose mais pas si cela se fait au détriment de ce que les utilisateurs cherchent à atteindre.
En général des formats fermées constituent des obstacles à l’«Open Use» mais il en va de même des «Open Machins» chaque fois que la qualité «Open» sert d’excuse à des applications de qualité inférieure à celles que l’on retrouve en format fermé. Il s’agit ici d’une fermeture non des codes sources et des formats de données mais de l’«utilisabilité» si vous me passez ce barbarisme calqué sur le terme anglais “usability”.
Dans un prochain article je vais revenir plus en détails sur cette notion d’Open Use.
Mon intention n’est pas de faire le recensement complet des applications de gestion de Presse-papier et de capture d’écrans sous Linux et Windows, une telle étude dépassant le cadre de cet article. Par contre, nous verrons des exemples de ce que l’on peut faire ou pas illustrant du même coup des limites et des défauts de Linux qui ne doivent pas être balayés du revers de la main ou sous le tapis. J’utilise les systèmes Unix / Linux que je préfère mais pas au point d’en nier les défauts ou pire, de les taire.
Gestion du Presse-papier
Sous Linux la sélection d’un texte copie ce texte dans le presse-papier par défaut, Voilà un avantage indéniable puisqu’il simplifie l’utilisation en éliminant l’obligation de sauver cette sélection avec un contrôle + c par exemple. Mais si vous fermez la fenêtre dans laquelle vous venez de copier pour coller celle-ci dans une autre application, un éditeur de texte par exemple, la sauvegarde de la sélection copiée est perdue au moment de la fermeture de la fenêtre d’origine et le coller est impossible. C’est ± un inconvénient et lorsqu’on le sait il est facile d’éviter de se faire prendre. Néanmoins pour acquérir une meilleure productivité, un gestionnaire de Presse-papier devient rapidement indispensable.
Ubuntu fournit un tel gestionnaire par défaut avec l’environnement Gnome: Glipper. L’applet de Glipper s’installe facilement dans la barre des tâches inférieure. Glipper offre les fonctions de base de tout gestionnaire de presse-papier: nombre d’entrées dans l’historique, longueur de chaque entrée, gestion du la sélection/copie ou de contrôle + v/ contrôle + c, tag des copies avec contrôle + c en gras, sauvegarde de l’historique ainsi que des greffons (plugins) incluant des synchronisations en réseau, l’utilisation d’expressions régulières, etc. En somme un bon outil de travail.
Cependant Glipper n’est pas traduit (on dit “localisé”: DÉlocalisé serait, amha, plus approprié…) et surtout Glipper plante à chaque démarrage d’Ubuntu. Il est vrai qu’on a à redémarrer rarement avec Linux mais c’est quand même un bug répertorié et pas encore corrigé. Bug 213494 de Launchpad.

Si l’application par défaut sous Ubuntu/Gnome est “buguée” il faut cependant pour faire bonne mesure mentionner que l’application par défaut de Windows, clipbrd.exe dans System32 est un machin mal foutu et pratiquent inutilisable si bien qu’une application tierce est indispensable. Cliptray est un exemple d’une bonne application de gestion du Presse-papier sous Windows et je vous signale au passage qu’elle ne s’utilise pas bien sous Ubuntu avec WINE ce qui élimine son usage sous Linux.
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Si le bug de Glipper au démarrage vous dérange, une alternative pourrait être Parcellite disponible via le gestionnaire de paquets Synaptic. L’application n’a pas autant de fonctions que Glipper mais n’est pas “buguée” (et pas traduite non plus). Au lieu d’un applet sur la barre des tâches inférieure, elle se présente dans la zone de notification de la barre des tâches supérieure de Gnome.
Si, dans cet exemple, nous nous en tenons aux applications par défaut fournies par Windows / Linux Ubuntu, le résultat de notre comparaison est mitigé: certes l’application Windows par défaut est aussi dégueulasse qu’inutilisable mais celle d’Ubuntu est buguée mais sans affecter son utilisation si on ne tient pas compte du cas de redémarrage. De plus une application de “repli” est disponible sous Ubuntu mais c’est aussi le cas sous Windows avec l’application donnée en exemple.
Ne pensez-vous pas que la correction du bug de Glipper (et sa traduction) serait un avantage pour Ubuntu vs Windows? Ce n’est qu’un détail parmi d’autres mais après 18 ans et 1 % du marché des ordinateurs personnels, les systèmes Linux ne pourront prendre une place plus importante que dans la mesure où l’attention aux détails et la corrections de bugs irritants seront des éléments non négligeables de l’utilisabilité, critère #1 des principes de l’Open Use…
Captures d’écran
La capture d’écran tant sous Linux que Windows via la touche clavier “Print Scrn” est la même et permet de réaliser la capture de tout l’écran…
Ce n’est pas de cela dont il s’agit ici mais plutôt de captures de portions sélectionnées d’écran, incluant celle des menus déroulants et le traitement des images pour une utilisation dans des discussions sur les forums ou de la rédaction de documentation technique pour des sites web, des blogs ou des manuels d’utilisateurs.

L’application par défaut de capture d’écran sous Ubuntu est gnome-screenshot. Une autre application disponible pour l’environnement Gnome est Shutter. Ce sont celles que nous allons examiner pour ensuite les comparer à deux applications tierces sous Windows: FastStone Capture et MWSnap.
Gnome screenshot

Gnome screenshot offre des fonctions de base de capture d’écran mais la capture ne peut être lancées par le menu contextuel et, bien qu’elle offre la possibilité d’un délai avant capture, ne permet pas la capture de menu déroulants avec une capture sélective mais uniquement via une capture de l’écran au complet ce qui oblige à refaire une capture sélective de l’image capturée pour obtenir la portion de l’écran avec le menu déroulant. Il en va de même avec Shutter. De plus le sélecteur de portion d’écran: un X assez gros ne permet pas une sélection précise de la portion d’écran à capturer ou du moins la rend difficile…
Shutter

Dans l’ensemble, Shutter est une bonne alternative à Gnome screenshot: les options de compression d’image, de choix du format, de répertoire de sauvegarde et délai de capture sont similaires aux options de Gnome screenshot auquel il faut ajouter la possibilité de transfert vers des sites tels qu’imageshack ou vers des serveurs FTP en plus de posséder de nombreux greffons pour modifier l’apparence de l”image mais pas celle de la documenter, id est, d’y ajouter du texte, des graphiques (bulles, lignes, flèches, etc).
La capture via le menu contextuel est possible une fois l’application lancées et minimisée en icône dans la zone de notification supérieure du bureau Gnome. Cependant l’outil de sélection de la zone à capturer n’est guère plus élaboré que celui de Gnome screenshot. Tout comme Gnome screenshot, la capture d’écran avec un menu déroulant suppose que l’on augmente le délai de capture de façon à lancer le menu déroulant avant que celle-ci se produise puis de recapturer le résultat de la capture précédente pour ne conserver que la portion voulue.
MWSnap et FastStone Capture: deux applications Windows SANS équivalents Linux
MWSnap est une application gratuite sous Windows, accessible par le menu contextuel et par des raccourcis claviers qui permet de faire les captures d’écran tout comme les applications vues précédemment mais d’une façon plus ergonomique. Mwsnap offre aussi des options qui ne sont pas disponibles avec Gnome Screenshot ou Shutter telles que la règle de mesure en pixel ou cm et un mode de sélection des zones à capturer plus fin et précis. Cependant MWSnap ne permet pas, tout comme les applications mentionnées, de capturer les menus déroulants avec sélection de zone de capture.

FastStone Capture permet les mêmes fonctionnalités que MWSnap: accès via le menu contextuel, via les raccourcis claviers et outils de sélection de zone précis. Mais l’avantage incomparable de ce logiciel est la fonction d’édition des captures permettant d’ajouter du texte, des bulles, des lignes et des flèches afin de documenter la capture. Ai-je besoin d’insister davantage sur ces fonctionnalités indispensables à la documentation ou encore d’insister sur le fait que cela se réalise plis simplement qu’avec n’importe laquelle des applications disponibles sous Linux?

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Ce qui donne un résultat tel que celui-ci:

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Pour résumer les caractéristiques de FastStone Capture: en plus d’offrir les fonctionnalités de base des logiciels de capture d’écran tels que ceux vus précédemment, ce logiciel permet un accès par le menu contextuel et les raccourcis clavier, offre un outil de sélection des zones de captures précis incluant la capture de portions d’écran avec un menu déroulant (en une seule opération! l’image du menu contextuel de MWSnap a été prise avec FastStone Capture: voir ci-haut.), cette dernière caractéristique le mettant dans une classe à part des trois autres logiciels mentionnés, ensuite FastStone Capture permet de documenter la capture en y ajoutant des graphiques et du texte. Enfin il est aussi possible de l’utiliser sous Linux avec WINE à l’exception de l’accès par les raccourcis clavier afaik… Qui dit mieux?
Questions
Comment se fait-il qu’une telle application ne soit pas disponible sous Linux? Pourquoi une telle application ne serait-elle pas développée? Pourquoi cette application ne deviendrait-elle pas l’application de capture d’écran par défaut d’Ubuntu?
Conclusion provisoire
N’êtes-vous pas d’accord avec moi pour dire que FastStone Capture est une application de capture de qualité professionnelle? Ne croyez-vous pas alors qu’une telles application véritablement équivalente serait un argument de plus pour favoriser l’adoption de Linux comme système d’exploitation pour ordinateurs personnels?
Certes, je ne prétend pas ici que cet élément à lui seul permettrait un tel choix mais j’insiste par contre pour dire qu’il s’agit d’un exemple et que la recherche d’équivalent véritables aux meilleures applications Windows est la seule voie qui permettrait à Linux de cesser de plafonner à 1% des ordinateurs personnels comme c’est le cas depuis 18 ans? D’abord offrir de véritables équivalents à ce qui se fait de mieux sous Windows (minimum requis) et chercher à offrir une qualité supérieure (minimum souhaitable) tant pour des applications telles que celles mentionnées ici jusqu’aux applications plus considérables?
Ce sont des applications de qualité supérieures à celles de Windows qui feront la différence entre l’adoption ou pas de Linux comme système d’exploitation de choix pour les ordinateurs personnels: pas de simples équivalents (largo sensu). Tel est mon avis sur la question. Qu’en dites-vous?
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