Google Chrome OS: un OS de Cloud Computing qui ne veut pas dire son nom!
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L’annonce du Système d’exploitation Google Chrome OS ne manquera pas de susciter beaucoup de commentaires et je ne serai pas en reste là-dessus tout en évitant des propos irréfléchis ou sans nuances ou le «Buzz & Bavardage» que je laisse aux Yahous du Ouaibe!
Au moment d’écrire ce billet, je n’ai consulté aucun des commentaires qui sont déjà publié sur le Web, préservant mon jugement de toute influence extérieure, pour livrer mes premières réactions à chaud tout en gardant la tête froide car c’est mon style.
Dans le billet d’annonce de Google Chrome OS, je rapportais:
«Selon le blog officiel de Google cela est justifié par le fait que les systèmes d’exploitations existants conçus à l’époque où le Web n’existait pas encore et Google Chrome OS est présenté comme l’extension naturelle du navigateur Google Chrome pour les utilisateurs du Web…»
- Un Système d’exploitation est, par définition, le logiciel qui donne à l’utilisateur et à ses applications l’accès aux ressources de son ordinateur. Cette définition doit être précisée: accès ressources de son ordinateur (matériel) et aux ressources sur Internet.
- L’argument ou plutôt l’insinuation à propos des Systèmes conçus avant Internet (et le Web, ce qui n’est pas la même chose) n’est à mon avis qu’un argument fallacieux d’abord en ce qui concerne les Systèmes d’exploitations et ensuite les navigateurs. Voyons cela de plus près:
Systèmes d’exploitation
- Premièrement Internet est la généralisation de réseaux existant avant Internet, à partir desquels Internet s’est construit. Le fait qu’un Système d’exploitation ait été conçu avant l’arrivée du réseau Internet n’implique pas nécessairement qu’il ne soit pas adapté à cet autre réseau: les choses sont loin d’être aussi simplettes.
- Deuxièmement le Système d’exploitation UNIX conçu dès l’origine comme Système multi-utilisateurs et les réseaux de machines Unix sont apparus avant l’arrivée et la généralisation d’Internet. Dès le départ, la conception d’UNIX le rendait ouverts à de nouvelles possibilités d’interconnexions ce qui le distingue fondamentalement des systèmes élaborés par Microsoft.
- Windows ayant été d’abord une interface graphique de DOS, système mono-utilisateur conçu pour des PCs avant l’arrivée d’Internet puis, avec les systèmes NT, une nouvelle génération de systèmes d’exploitation pour PCs et avec une architecture de comptes d’accès (administrateurs et utilisateurs) inadéquate et primitive comparée à l’architecture hiérarchique des comptes et des droits d’accès d’UNIX élaboré bien avant et valable pour les réseaux locaux ou non, Internet compris.
- Avec Windows, au niveau local les utilisateurs “non-administrateurs” étant en général incapables d’utiliser les ressources locales et devant se rabattre sur un compte d’administrateur pour ensuite via ce compte d’administrateurs accéder à Internet, et mettent tout le système en porte-à-faux et vulnérable.
Les utilisateurs avancés de Windows XP se souviennent sans doute de toutes les contorsions nécessaires pour arriver à utiliser les ressources locales et extérieures à la manière MS tout en conservant une moins grande vulnérabilité sur Internet (avec DropMyRights et en évitant interNUT Expl’Horreur ).
Seules les plus récentes versions de Windows, Vista et Seven se rapprochent du concept hiérarchique d’UNIX mais sans la souplesse, la rigueur et l’élégance d’UNIX et de son clone LINUX.
- Dans les systèmes UNIX l’architecture hiérarchique des comptes pour un système multi-utilisateurs est dès le départ parfaitement adapté pour son extension à une situation dans laquelle les droits d’accès d’administrateurs de système sont réservés aux tâches administratives locales et des droits d’accès des utilisateurs pour, tout à la fois, utiliser les ressources locales efficacement et les ressources extérieures sans compromettre le système local.
Les caractéristiques originelles d’UNIX permettent son extension naturelle (et sécuritaire) vers Internet et les ressources Web, un bon navigateur permettant de compléter la meilleure combinaison.
Pas besoin du navigateur Google Chrome pour cela. Mozilla Firefox et Opera ne sont-ils pas – au moins – d’aussi bons outils Web que le navigateur de Google?
Notez cependant que le fait que Google Chrome OS soit développé autour d’un noyau LINUX reconnaît implicitement ce que je viens d’exposer ici…
Navigateurs
Avec l’arrivée et la généralisation d’Internet, le navigateur Web est devenu le logiciel le plus important de tout système d’exploitation. Ce sont ces logiciels qui donnent accès aux ressources non-locales, c’est-à-dire, au Web (1, 2, ou sémantique, comme on voudra).
L’insinuation de Google à propos des Systèmes d’exploitations conçus avant l’arrivée d’Internet ne tient pas car ce n’est pas l’O.S. qui est déterminant ici mais le navigateur utilisé quelque soit le Système d’exploitation en usage…
Le logiciel déterminant
Si le logiciel déterminant pour l’accès aux ressources locales est bien le Système d’exploitation, le logiciel déterminant pour l’accès aux ressources non-locales, essentiellement, celles du Web, est le navigateur. Certes, la combinaison Système d’exploitation/Navigateur et leur modes d’interaction et d’intégration est aussi une données dont il faut tenir compte.
Ce qu’est un Système d’exploitation et le cas pendable de Windows Vista
À ce propos je ne voudrais pas passer sous silence le cas des récents Systèmes d’exploitation de Microsoft qui, me semble-t-il, contreviennent à la fois à la définition de ce qu’est un Système d’exploitation et à l’art de créer une architecture logicielle orientée vers les utilisateurs et leurs applications. Windows Vista est un système pléthorique et lourdaud qui exige des ressources matérielles à hautes performances mais principalement pour s’exécuter lui-même et nullement pour mettre ces ressources supplémentaires à la disposition des utilisateurs et de leurs applications.
En bref: plus de ressources sont exigées mais pour «Vista la grosse vache» et non pour vous!
Performances exceptionnelles et pertinence d’un nouvel O.S.
«Google Chrome OS est Open Source et présenté comme étant un Système d’exploitation léger qui visera d’abord les Netbooks et sera disponibles aux consommateurs dans la seconde moitié de 2010. Google entend travailler de concert avec la communauté Open Source et seraient déjà en pourparlers avec des partenaires.»
«Le blog officiel de Google insiste sur la légèreté, l’interface minimale, la sécurité et la rapidité de ce que sera Google Chrome OS:
«We’re designing the OS to be fast and lightweight, to start up and get you onto the web in a few seconds.»
«Google Chrome OS sera disponible pour les PC x86 autant que les Netbooks et l’architecture du Système d’exploitation consistant en un nouveau Système de Fenêtres s’exécutant sur un noyau LINUX.»
- Fort bien mais encore? Parce que si les performances ne sont pas vraiment exceptionnelles, je ne vois pas du tout la pertinence d’un nouvel O.S.
Performances présumées et le prix à payer
Les performances présumées étant autant hors-normes, ne peut-on pas supposer que cela se paiera d’une certaine façon? C’est bien ce que je soupçonne avec les informations suivantes:
«Pour les développeurs, le Web sera la plateforme de développement si bien que les applications seront portables pour tous les Systèmes d’exploitations: Windows, MAC, Linux et Google Chrome OS ainsi que pour tous les navigateurs respectant les “standards”…»
- Ce qui revient à dire que le nouvel O.S. de Google sera principalement orienté vers l’accès à des ressources externes c’est-à-dire en bon anglais du Cloud Computing ce qui ne nous transporte pas, mais pas du tout, dans les nuages (informatiques ou autres…).
Google Chrome OS ne serait-il pas un Système d’exploitation de Cloud Computing qui ne veut pas dire son nom?
«Selon Google, les utilisateurs ne veulent plus attendre que leur ordinateur démarre et le que navigateur soit lancé mais veulent, par exemple, accéder instantanément à leur courrier… Ils veulent accéder à leurs données sans avoir à se préoccuper de la sauvegarde de celles-ci, refusent de passer des heures à configurer leur ordinateur ou se préoccuper des mises à jours…»
En d’autres mots que les performances hors-normes présumées seront réalisées par la manœuvre suivante:
- les ressources locales de traitement de l’information dont le Centre de Gravité est actuellement l’ ordinateur personnel, son/ses CPU(s) et les autres ressources locales de traitement et de conservation de l’information sera déplacés vers un autre Centre de Gravité du Traitement de l’Information: des serveurs sur lesquels des PCs minima seront connectés.
- La majeure partie du traitement se ferait (ou fera…) sur ces serveurs (de Google ou autres), la conservation des données, leurs sauvegarde et, on peut en faire l’hypothèse, les paramètres de configuration aussi…
Ce qui revient à dire, et je pèse mes mots, que ce sera le retour de l’ancienne manière de faire de l’informatique: des «Dummy Terminals» ( les PCs minima dont les Netbooks sont un exemple) connectés à un ou des Ordinateurs Centraux, serveurs de Google ou autres…
La seule différence avec les anciens dummy terminals et le cloud computing à la Google ne résidant plus que dans les innovations des nouveaux dummies: les Netbooks et machins de même mouture.
( Et je ne parle même pas du problème des ventes liées: les fabricants de PCs n’offrant leurs ordinateurs personnels qu’avec Windows pré-installé… )
«Le blog officiel de Google reconnait qu’il reste beaucoup de travail à faire et qu’ils ont besoins de l’aide de la communauté de l’Open Source pour réaliser leur visions de ce que doit être l’expérience sur Internet.»
Certainement mais le travail qu’ils ne semblent pas soupçonner dans cette annonce est celui qu’il leur faudra pour convaincre les internautes de remettre les Clés de la Maison à Sergey Mikhailovitch Brin et Larry Page. En ce qui me concerne, ce n’est pas demain la veille qu’on me convaincra d’abandonner mes applications et mes données à qui que ce soit, même une entreprise Make No Evil car nous nous souvenons que:
«… le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.» Blaise Pascal

Bonjour,
je partage tout à fait ton analyse de ce qu’est l’OS annoncé par Google. Il s’agit pour moi aussi d’un cloud computing OS entièrement tourné vers les applications Web, ce qui est tout à fait dans la logique de Google (Google Apps & co).
Là où je ne suis pas d’accord, c’est dans l’intérêt d’un tel modèle : si revenir à un modèle de type “dumb terminal (ou “minitel 2.0″) peut paraître un retour 20 ans en arrière ou une hérésie en termes de protection des données personnelles, je pense que c’est un modèle qui a de nombreux avantages pour 90% de la population. Je m’explique : Je pense que l’utilisation d’un PC local (qu’il soit Windows, Linux ou autre) est bien trop compliqué pour la plupart des utilisateurs ; réduire la complexité locale pour la pousser vers le “cloud” permet d’augmenter la disponibilité des applications en réduisant largement la dépendance vis à vis de la compétence de l’utilisateur. Et, pour ces utilisateurs là, étant donné qu’ils ne sont pas capables de sécuriser correctement leur OS local, leurs données sont à mon avis autant à risque (voir plus) que si elles sont confiées entreprise.
A mon avis, il risque d’y avoir dans le futur deux types de terminaux d’accès : des PCs lourds tels que ceux qu’on connaît aujourd’hui pour les “power users” et des “dumb terminals” pour tous les autres.
Just my 2 cents…
Dan.
Daniel Fages
2009/07/10 à 03:03
Bonjour,
À mon opinion, si le fait d’associer Linux avec un géant avec une bonne réputation comme Google peut aider l’acception de Linux, c’est tant mieux.
Mais en effet, ce sera très peu différent de ce qu’offe déjà Ubuntu, Opensuse, Fedora sur des netbooks d’Acer, Dell, HP et autres.
Etienne Pouliot
2009/07/10 à 08:04
Bonjour Daniel Fages
Vous avez écrit: «Là où je ne suis pas d’accord, c’est dans l’intérêt d’un tel modèle…»
Vrai! Ce sont des points que j’ai loupé avec ma première réflexion “à chaud”: merci de souligner ces avantages.
Merci de votre commentaire.
Claude LaFrenière
2009/07/10 à 10:40
Bonjour Étienne Pouliot
Associer la bonne réputation ou le prestige de Google avec Linux? Oui… Cela a du sens. Déjà que les serveurs de Google sont sur Linux…
On verra ce que ça donne.
Merci de votre commentaire.
Claude LaFrenière
2009/07/10 à 10:43