Propos et Commentaires du Climenole

Linux pas à la hauteur éructe Slate.fr!

.
ubuntu

J’ai recommandé récemment un article d’Andrew Thomas Firefox, IE. Tech journalist are a disgrace. Voici une fois de plus un exemple pitoyable de ce qui se fait dans le domaine et cette fois-ci par un Fan Boy de MS Windows dans un article portant sur Google Chrome OS donnant à l’auteur l’occasion d’en pousser de pas mal bonnes sur Linux. Voici la prose anti-Linux parue sur Slate.fr:

L’OS de Google sera un bide | slate

L’article porte sur Google Chrome OS je vous renvoie aux articles que j’ai écrit sur le sujet:

Google Chrome OS: un OS de Cloud Computing qui ne veut pas dire son nom
Google Chrome OS: a Cloud Computing OS not saying his name

Mais puisque l’auteur profite de l’occasion pour nous balancer des fariboles sur Linux, voici:

  • Linux: un Windows killer ou… ?

« Difficile de se mettre à Linux. L’OS Chrome sera basé sur Linux, un OS open-source, une sorte de chevalier blanc dont les geeks espèrent depuis longtemps qu’il signera purement et simplement l’arrêt de mort de Microsoft. »

Il est vrai de dire qu’un certain pourcentage des utilisateurs de Linux croient ou espèrent que Linux signera un jour l’arrêt de mort de Microsoft Windows mais je tiens à rassurer l’auteur et ceux qui pensent comme lui sur ce point: nous utilisons les systèmes Unix/Linux d’abord parce que nous en apprécions les qualités et de plus nous discutons publiquement des ses défauts techniques ou “commerciaux”.

Cet article récent en témoigne: Ubuntu: Capture d’écran et presse-papier: deux irritants

Néanmoins, comme je le rappelais lors d’une récente discussion sur Usenet:

From: climenole <No_InterNUT@AntiPebkac.org>
Newsgroups: alt.fr.os.ubuntu
Subject: Re: c’est bien, mais…
Date: Mon, 18 May 2009 15:02:11 +0000 (UTC)
Message-ID: <gurt9i$l89$1@news.eternal-september.org>
References: <1132697888263664403.064973gnubox-trasmail.net@news.motzarella.org> <gupnb1$8ma$1@news.eternal-september.org> <4a11117a$0$11799$426a34cc@news.free.fr>
NNTP-Posting-Date: Mon, 18 May 2009 15:02:11 +0000 (UTC)
User-Agent: XPN/1.2.6 (Street Spirit ; Linux)
Xref: news.motzarella.org alt.fr.os.ubuntu:1181

> Avant de passer à Ubuntu, il faut peser le pour et contre.
> Et même si Windows à de  nombreux défauts, Ubuntu n’en est pas dépourvu non plus.

Tout à fait d’accord avec toi pour peser le pour et le contre. D’accord aussi pour l’existence de défauts dans Ubuntu.

La différence c’est que les problèmes techniques sous Ubuntu sont résolus en tant que problèmes techniques alors qu’avec Windows, ils ne sont souvent résolus (ou pas) qu’en tenant compte de considérations non techniques… (”commerciales”).

Crois-tu qu’il n’aurait pas été possible de développer un SP4 pour Windows XP? Naaaaaan: plus payant de vendre Vista ou Se7en…

Et d’obliger les utilisateurs à acheter des PC de +en+ puissants: pour mieux exécuter leurs applications? Non: juste pour que W Vista ou Se7en puisse s’exécuter …

Un système d’exploitation est un logiciel qui permet aux utilisateurs d’accéder aux ressources de leur ordinateur pour exécuter LEURS applications. Avec W. les ressource ne sont pas pour les utilisateurs et leurs applications mais pour l’O.S. lui-même! (sinon ça marche pas).

Un nouveau PC hyper-puissant pour mettre Vista ou Se7en dessus et 90% du temps afin de lancer Firefox et aller sur la Toile? :-O !

Pour avoir des effets 3D sur le bureau Windows? C’est pas un peu fou tout ça?

Les «geeks» n’ont même pas besoin de lever le petit doigt pour critiquer les systèmes d’exploitation Windows: une proportion de plus en plus important des utilisateurs des produits MS  utilisent déjà des logiciels Open Source tel que Firefox et ceux-là, au moins, savent que désormais MS n’a pas grand chose de mieux à proposer que des trucs tels qu’ IE (quelqu’en soit le numéro …).

Ensuite, je tiens à souligner que les 20% d’utilisateurs avancés de Firefox indiquent la direction du mouvement, la tendance lourde:  pas les 80% à la traîne… Il en va de même pour les systèmes d’exploitation mais dans une moindre mesure, un changement de navigateur étant moins difficile ou inquiétant qu’un changement de système d’exploitation.

  • La convivialité, le succès commercial et les utilisateurs

« Un paquet d’ingénieurs et d’entrepreneurs passionnés ont tenté de rendre Linux aussi séduisant que possible pour les gens «normaux», et ça n’a que moyennement marché. Et même Ubuntu, une version plus conviviale de Linux pré-installée sur quelques ordinateurs de grande marque, n’y a pas changé grand-chose. »

Les utilisateurs de Linux sont aussi des «gens normaux» et la proportion d’imbéciles est sans doute la même chez les utilisateurs de l’un ou l’autre des systèmes d’exploitation. Là n’est pas la question. L’auteur confond allègrement deux problèmes: la réussite commerciale et la convivialité.

Il n’est pas vrai que cette dernière décide des résultats commerciaux pas plus que les qualités techniques d’ailleurs. Mettons de côté pour le moment les performances commerciales de Linux et attardons-nous un instant sur la convivialité de Linux vs Windows.

Il se trouve que je connais très bien les deux plateformes ayant commencé en informatique il y a plus de 25 ans avec des systèmes Unix et par la suite avec les systèmes Windows de Microsoft. Je suis de nature plutôt modeste mais j’aimerais rappeler à ceux qui l’ignorent que j’ai même été pendant quelques années Microsoft MVP (Most Valuable Professional) pour Windows XP…  Je ne demande à personne de me croire sur parole et quelques recherches sur le groupe de discussions microsoft.public.fr.windowsxp, par exemple, vous donneront une idée de ce dont je parles…

Je suis prêt à soutenir devant n’importe qui que la convivialité d’Ubuntu est tout à fait comparable à celle  de Windows XP, de Vista ou du futur remplaçant de ce dernier. Je ne parles pas seulement d’établir une énumération à dormir debout des équivalents Linux des applications Windows mais très précisément des méthodes quotidiennes d’utilisation. (Avec Linux? Ouais: les deux doigts dans l’nez à part de ça!)

Je soutiens qu’après une phase (normale) d’apprentissage, il est plus simple d’utiliser Linux que Windows. Les difficultés d’utilisation de Linux dont il est souvent question et les balivernes sur les terribles “lignes de commandes” sont des fables destinées à susciter la crainte, l’incertitude et la désinformation: FUD!

Je vous suggère à ce propos de consulter quelques articles sur l’utilisation d’Ubuntu et de l’Open Source:

;)

  • Le pourcentage d’utilisateurs et l’évolution des marchés

« Linux représente actuellement une infime partie du marché des systèmes d’exploitation, et même ses supporters les plus actifs savent que rien n’y pourra changer. »

Je suis un supporteur actif des systèmes Unix/Linux et je ne suis justement pas d’accord avec les propos précédents. L’auteur laisse entendre que les supporteurs les plus actifs ont renoncés à augmenter le pourcentage des utilisateurs de Linux mais est incapable d’en nommer un seul…

La réussite commerciale de Linux dépend de facteurs qui ne sont pas restreints à des considérations purement techniques et sont hors de propos ici. Amalgamer la convivialité d’un logiciel et son succès commercial comme le fait l’auteur est une sornette. Vrai que le pourcentage d’utilisateurs de Linux est pitoyablement bas mais il est aussi vrai que le marché est toujours en évolution et que les clients ne sont plus les mêmes qu’il y a 20 ans… La demande et les exigences des clients changent et les monopoles les plus assurés s’effondrent à la grande surprise des grandes gueules du marketing en culottes courtes.

  • Applications disponibles et support du matériel

« Pourquoi Linux n’est-il pas à la hauteur de ses concurrents? L’OS manque cruellement de logiciels et de hardware compatibles. La plupart des programmes et des périphériques ne fonctionnent pas sous Linux, ou bien demandent beaucoup trop de temps et d’efforts de la part de l’utilisateur pour les rendre opérationnels. »

Balivernes! C’est tout le contraire. Le seul «manque cruel» est le manque d’informations de l’auteur qui semble ignorer que la plupart du matériel courant, des ordinateurs personnels aux périphériques sont supportés par Linux et que ceux qui ne le sont pas le seront (et de plus en plus).

Voir ceci par exemple:

Le temps et l’effort requis pour rendre opérationnels les périphériques ne sont pas pires que sous Windows qui donne à ses utilisateurs pas mal plus de sueurs et de larmes que ne le laisse entendre cet article de Slate.fr: les forums de support pour le matériel sous Windows témoignent que les choses sont loin d’être aussi simples.

Quant à la question des logiciels voici les exemple invraisemblables et ridicules destinés à appuyer les affirmations extravagantes de Slate.fr:

« Par exemple, Outlook, Word, Excel, iTunes, Photoshop et un paquet d’autres applications utilisées par les entreprises à travers le monde ne tournent pas sous Linux.»

D’abord à ce que je sache iTunes n’est pas exactement le genre d’application utilisée en entreprise, du moins par les employés et les cadres qui tiennent à conserver leur emploi… Idem pour Photoshop à moins que l’entreprise l’utilise dans le cadre de ses activités ce qui en élimine une bonne partie…

Et en ce qui concerne Outlook, Word et Excel, les application équivalentes telles que Evolution et Open Office font parfaitement l’affaire.

Je signale à qui ne se s’en serait pas rendu compte, que l’auteur de Slate.fr nous promène d’abord chez les «gens normaux» (ainsi désigne-t-il les utilisateurs d’ordinateurs personnels) pour nous amener subrepticement dans les entreprises… qui n’ont pas démontrées une perspicacité au-dessus de la moyenne au regard de la récession économique dont nous ressentons encore les effets.

Il est vrai que ce sont les applications bureautiques de Microsoft qui sont les plus utilisées présentement dans les entreprises, cependant les exigences de formats de données ouverts permettent dès maintenant d’avoir plus de choix d’applications et les entreprises les plus avant-gardistes sauront vers quoi se tourner lorsqu’il sera question des investissement à réaliser pour leurs applications bureautiques.

L’inertie en entreprise ou dans les administrations publiques n’est-il pas un argument pitoyable? Encore une fois l’auteur ne voit que le gros derrière des “techno-traînards” et non les “early adopters” qui indiquent les voies de l’avenir…

Mais l’auteur insiste sur l’utilisation d’un iPod avec Linux ce qui nous ramène des entreprises aux «gens normaux» pour reprendre son expression:

  • Le niveau de culture Internet, les utilisateurs et certains “Tech Journalists

« Mettons que vous voulez synchroniser votre iPod Touch sur Ubuntu. Tout d’abord il vous faudra désinstaller «libgpod», installer ensuite «ipod-convenience» et «amarok» ou bien «gtkpod». Après ça, trouvez le système de fichiers de l’iPod pour accéder à la base de données et sa table de hachage; enfin, après avoir jailbreaké votre iPod (et donc annulé sa garantie), connectez-le en wireless à votre PC. Facile, hein? »

Mettons… Sachez donc que des applications telles qu’ Amarok, Gtkpod, Floola, Rhythmbox, Songbird, Yamipod, pour ne nommer que ceux-là, supportent l’iPod. Sachez aussi que les procédures (“terribles”) présentées par l’auteur sont un exemple de son ignorance du sujet dont il parle et de sa mauvaise foi.

La première chose à faire, et c’est un vieux singe qui parle, c’est de ne jamais prendre les utilisateurs pour des imbéciles. Les problèmes qui apparaissent énormes pour un débutant lui donnent l’occasion d’apprendre et je crois fermement que les utilisateurs ne restent pas des “neuneux” ou des “newbies” toute leur vie. Les nouveaux utilisateurs, en recevant un support adéquat, et c’est le cas pour n’importe quel système d’exploitation et n’importe quelle application deviennent rapidement autonomes.

L’utilisateur d’Ubuntu voulant utiliser son iPod n’a qu’à se référer à la documentation ou à demander de l’aide sur les forums pour obtenir la solution comme sur ce fil de discussion par exemple: [RESOLU] ipod : gestionnaire itunes like .

Le soutiens technique que j’ai offert pendant des années m’a convaincu d’une chose: correctement encadrés, les nouveaux utilisateurs prennent confiance en eux-mêmes et atteignent des niveaux de maîtrise et d’expertise qui étonneraient plus d’un  “tech journalist” de Slate.fr .

Je reste sur l’impression que beaucoup trop de rédacteurs d’articles portant sur des sujet techniques ignorent le fait que la culture Internet des «gens normaux» évolue et est supérieure à ce qu’ils croient qu’elle est et, ô ironie :D , qu’elle est autrement plus élaborée que la leur … ;)

Old Unix Monkey

3 réponses

Souscrire aux commentaires via RSS.

  1. Excellent article! Bravo!
    Une démonstration par A+B que les auto proclamés tech journalistes de la presse (idem pour 20 minutes) prennent le lecteur pour un imbécile et que leur niveau d’incompétence n’a d’égale que leur arrogance.
    Merci encore

    Tantrazero

    2009/07/20 à 13:45

  2. Merci pour votre commentaire Tantrazero.
    :)

    Claude LaFrenière

    2009/07/20 à 13:57

  3. Je pense que l’article a été fait à la vite faite par le fils du journaliste, sinon, il y a un hic car c’est remplit de connerie que l’on peut trouver sur le forum clubic (10-15ans).

    Un article sans fond a part que pour réussir il faut avoir la possibilité de pouvoir utiliser une version pirate d’Office et de Photoshop.

    Sinon bon article même si je vois pas l’interet d’une tel réponse a part leur faire de la pub.

    NoiA06

    2009/07/21 à 12:42


Les commentaires sont fermés.